Mise à jour du
30 avril 2001. Visite de la coulée de la fracture Nord du cratère
Sud Est. Un changement est intervenu, la bouche
effusive d'où s'épanchait la coulée de ces derniers jours est complètement
inactive, elle est remplie de lave solidifiée et cordée. La lave s'épanche
maintenant à l'endroit ou se trouvait l'hornitos observé le (26 avril).
Le tumulus de lave solidifiée s'est déchiré sous la poussée de la lave arrivant
par dessous; De ce nouveau point de sortie la lave s'écoule dans deux bras
qui rejoignent plus bas les chenaux des jours précédents. Le débit de la
coulée a encore diminué par rapport à hier, sa vitesse est de l'ordre de
(0,30m/sec). Le dégazage de la coulée se produit en aval, environ 100 mètres
après le départ de la bouche effusive.
Aujourd'hui la situation des cratères était
la suivante: fort dégazage au Sud Est, avec
augmentation du dégazage dans la fin d'après midi. Une série d'explosions
avec des projections de cendres brunes à la Bocca
Nuova s'est produite vers 10h30 (GMT). Le cratère
Nord Est, émet lui aussi un nuage de vapeur
blanche. (Observations
de Charles Rivière et Robert Clocchiatti).
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| L'ancienne
bouche effusive (en blanc, à droite) et la nouvelle sur la gauche
de l'image. |
Mise à jour du
29 avril 2001. Visite de la coulée et du cratère
Sud Est. Le débit de la coulée a encore diminué
par rapport à hier, sa vitesse est de l'ordre de (0,50m/sec) et la hauteur
de lave dans son chenal s'est abaissé d'environ trois mètres. La lave à
la sortie de la bouche effusive commence déjà à se solidifier et à former
une croûte superficielle noire. Sa direction n'a pas changé, elle franchit
deux tunnels et s'écoule d'abord en direction de la Valle del Leone
puis elle dévie vers la Valle del Bove sur une distance de l'ordre
du kilomètre.
Les conditions météorologiques sont bonnes
et nous décidons de nous rendre sur le bord du cratère
Sud Est. Nous remontons le long de la fracture
Nord, la partie terminale de la fracture est fortement fumerollisée avec
des encroûtements de soufre. Dans cette zone le dégazage de SO2 et de vapeur
d'eau est important. Nous contournons la zone d'émission des gaz par la
gauche, coté Est, et nous arrivons sur la partie haute du cratère. Le sol
sous nos pieds est chaud, nous apercevons à l'intérieur du cratère
la présence de deux bouches, une petite d'un diamètre d'environ 8 à 10 mètres
situé dans l'axe de la fracture coté Nord et l'autre plus grande coté Sud
d'un diamètre d'environ 20 à 25 mètres. Les deux bouches émettent à intervalles
réguliers, à peu près toutes les dix secondes, des bouffées de gaz qui s'accompagnent
d'un bruit ressemblant à un souffle (soufflards).Ce dégazage n'entraîne
avec lui aucune projection de magma, qui doit se situer assez profondément
dans le cratère. Le bord occidental est affecté par de nombreuses petites
fractures couvertes de soufre. En fin d'après midi le dégazage, notamment
l'émission de soufre devient plus intense. Dans l'ensemble de la journée
le dégazage a été assez modéré à la Bocca Nuova,
avec quelques rares émissions de cendres brunes vraisemblablement produites
par des éboulements des parois. Pendant notre présence au sommet nous n'avons
pas observé de dégazage au Nord Est, dont le
flanc Sud est affecté par de nombreuses fractures et fumerolles. Au retour
nous avons fait une série de mesures à la fracture de 1989 au niveau du
Belvedere de la Valle del Bove, à une profondeur de 30 cm
la température est de 87°C, ce qui correspond à un abaissement de 5°C par
rapport aux mesures faites l'année passée à la même époque.(Observations
de Charles Rivière, Edith et Robert Clocchiatti).
Mise à jour du
28 avril 2001. Aujourd'hui, pas de vent sur l'Etna; les panaches
de fumée blanche (condensation de vapeur d'eau?) des cratères de la
Bocca Nuova et du Sud
Est montent verticalement. En fin de matinée, le dégazage de la coulée
est fortement diminué et par moment nul. Son débit a aussi diminué. La direction
prise par les coulées est identique à celle d'hier. L'observation de l'activité
des cratères est rendue difficile par la couverture nuageuse très importante
qui est apparue dans l'après midi.
Mise à jour du
27 avril 2001. Le débit de la lave a diminué depuis hier. Subsiste
une seule coulée avec un bras qui diverge avant l'entrée dans deux tunnels.
Ce bras se refroidit, on constate un encroûtement avec formation de jolies
laves cordées. Il rejoint ensuite la coulée principale qui est beaucoup
plus chaude. La bouche effusive dégaze de manière plus fortement, les projections
de lambeaux de lave sont plus nombreux et atteignent plusieurs mètres de
hauteur. Un hornitos est en tain de se construire au dessus de la bouche,
l'hornitos observé hier est inactif. Sur la coulée, à l'entrée du deuxième
tunnel, il se produit par moment des débordements car le tunnel n'arrive
plus à laisser suffisamment de passage à la lave. Je suis rejoint, dans
le début d'après midi, par une équipe de l'Institut Volcanologique de
Catania (Poseidon) qui venait pour effectuer des prélèvements de lave.
Je prélève un échantillon à chaud pour Massimo Pompilio. La pente
à la sortie de la bouche effusive est de 30%. Quant aux cratères la situation
était la suivante: fort dégazage au Sud Est,
projections en continu de cendres brunes à la Bocca
Nuova. En début d'après midi, le cratère
Nord Est, se réveille avec un fort dégazage.
De mon point d'observation prés de la coulée, je suis proche de l'intérieur
du cône du cratère Sud Est, mais il est impossible
de m'y rendre à cause de la forte émission de gaz qui sont rabattus vers
moi par le vent. (Observations
de Charles Rivière).
Mise à jour du
26
avril 2001.
Nouvelle visite de la
Bocca Nuova et des coulées de lave sur la fracture
Nord du cratère Sud Est. L'activité de la
Bocca est identique à celle d'hier. Par contre
un changement est intervenu aux coulées entre hier après midi et cette fin
de matinée avec un débit de lave plus important. Le bras le plus
septentrional de la coulée a une largeur d'environ 4 mètres avec un dégazage
très fort provocant des bulles sur la surface et quelques petites projections
de magma à la sortie de la bouche effusive. L'autre bras de la coulée est
rejoint par les débordements du premier. La vitesse des deux coulées principales
est de l’ordre de 3 mètres à la seconde. Un "Hornitos" est en train de se
former sur le dessus du tumulus, sa hauteur atteint le mètre, il est incandescent
et émet un sifflement (Observations
de Charles Rivière).
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La bouche effusive sur la droite et
l'Hornitos sur la gauche. |
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Bulle de gaz sur la surface de la coulée. |
La coulée à l'endroit le plus large. |
Mise à jour du
25
avril 2001.
Aujourd'hui
le vent d'Ouest des derniers jours à faibli sur les cratères sommitaux,
je décide de visiter le cratère de
la Bocca Nuova qui continue à être le siège
d’explosions. Les changements de la morphologie sont importants par
rapport aux observations faites lors de mes dernières visites aux premiers
jours de décembre 2000.Le cône situé à l'Ouest a un diamètre d'environ 200
mètres. La profondeur du plancher est beaucoup plus importante qu’auparavant,
puisque maintenant elle se situe environ à 100 mètres. Du bord de ce cône
je perçois en profondeur, une activité de dégazage. Les bords du cône descendent
en pente raide, la bouche au fond du cratère mesure environ 50 mètres. Elle
émet de la vapeur et quelques nuages de cendres marron.
Le cône situé à l'Est est toujours le plus actif des deux. Sa taille est
impressionnante, puisqu'il va presque du bord Sud à l'autre bord coté Nord
de la Bocca. Dans ce cratère il y a maintenant
un seul évent d'un diamètre d'environ 50 à 60 mètres:
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| A l'intérieur
de la Bocca Nuova, près du cône Ouest. |
Fracture
dans la Bocca Nuova à droite se trouve
le cône Est. |
L'activité de dégazage est très importante et bruyante. Je n'aperçois pas
le fond, seuls sont visibles les parties
supérieures des nuages de cendres formées par les explosions qui
se produisent au fond du cratère et qui provoquent l’effondrement des parois.
Lors de ma présence
se produiront seulement deux explosions. Les scories retombent dans
le cratère, rien ne sort en dehors. Par contre les nuages de cendres marron
sont volumineux. A droite de ce cratère se trouvent deux fractures
de direction Ouest- Est. La première mesure 6 mètres de long
sur 2m de large, elle descend en marches d’escalier sur une profondeur de
4 mètres. Au fond j'aperçois un rougeoiement produit par la combustion des
gaz à l'air libre, les bord
de la fracture sont recouvert de soufre. La deuxième fracture est
parallèle à la première et distante de 2 mètres de celle-ci , sa taille
est de 3 mètres sur 2.
Des dépôts de soufre sont visibles sur ses lèvres. Je longe le cratère Central
pour rejoindre la coulée de lave. Il reste aujourd'hui deux bras :le plus
petit, qui
fonctionnait hier, est arrêté. Il se présentait lors de ma visite
en début d'après-midi, sous la forme d’un amoncellement de plaques solidifiées.
Les deux autres bras sont moins alimentés qu'hier et la lave s’écoule lentement.
A la sortie de la bouche effusive la largeur de la coulée est de 50 centimètres
et sa vitesse atteint maintenant le mètre à la seconde (1m/seconde).
En contre bas, le tunnel de lave laisse encore passer
la lave alimentée par le deuxième bras. Les observations ci-dessus
ont été faites par Charles Rivière.
Mise à jour du
24
avril 2001.
Ce
matin le vent souffle toujours sur les sommets, il est un peu moins violent
qu'hier. Heureusement le soleil est bien présent, et aucun nuage est visible.
J'hésite à me rendre au cratère de la Bocca Nuova,
situé en pleine trajectoire du vent d'Ouest, et la coulée. J’opte pour la
coulée afin d’effectuer un prélèvement de lave en passant par le flanc est
du cratère Sud Est. Le trajet est plus long mais au moins je suis à l'abri
du vent. Il faut environ 1h30 pour aller du refuge de la
Torre del Filosofo à la coulée.
Les flancs du cratère Sud-Est sont couverts,
par endroits, de soufre. Ce phénomène laisse penser que le niveau du magma
est très proche de la surface. En
allant vers la coulée, à plusieurs reprises j’ai l’occasion d’observer des
pierres qui se détachent du flanc Est du cratère Sud-Est.
La coulée est toujours active, elle se
divise en trois bras, tous en dirigés vers le Nord. Le premier et celui
observé le 21 avril, le deuxième
sort sous un tumulus, son chenal à une dizaine de mètres de longueur
sur 2 mètres de largeur, il s’engouffre ensuite dans un tunnel pour ressortir
30 mètres plus bas. Le troisième bras sort aussi de sous le tumulus, coté
Sud. Son alimentation est très faible,
il rejoint ensuite le premier bras un peu plus bas. La vitesse des deux
coulées principales est de l’ordre de 2 mètres à la seconde ( 2m/sec). Dans
l'après-midi lors du retour vers le refuge des détonations provenant de
la Bocca Nuova sont bien audibles et quelques
instants plus tard des cendres portées par le vent retombent sur mon passage.
Les observations ci-dessus ont été faites par Charles Rivière.
Mise à jour du
23
avril 2001
(11h30).
Hier (22/04) l'accès au sommet
est rendu impossible par une tempête de neige et un vent violent, la neige
est tombée jusqu'à 1200 mètres. Dans l'après midi vers 15h00 (GMT) nous
ressentons, Antonio Nicoloso et moi-même
une forte secousse sismique, qui est ressentie dans tout le versant oriental
et méridional de L'Etna.
L'activité des cratères sommitaux
et surtout celle de la Bocca Nuova, est aujourd'hui
caractérisée principalement par d’abondantes émissions de vapeurs et par
des explosions accompagnées de panaches de cendres noires. Le phénomène
est amplifié par une augmentation de l'humidité atmosphérique et par l'infiltration
d’eau provenant des chutes de neige et de pluie de ces derniers jours. L'activité
explosive semble reprendre dans le cratère de la
Bocca Nuova après l’accalmie des deux dernières semaines. Malheureusement
le vent violent qui souffle sur les sommets ce matin rend impossible toute
approche des cratères. Si les conditions atmosphériques devaient changer
au cours la journée, une nouvelle mise à jour sera faite dans la soirée.
Les observations ci-dessus ont été faites par
Charles Rivière.
Mise à jour du
21
avril 2001.
Aujourd'hui
nous avons eu, la possibilité de visiter la zone sommitale des cratères
de l'Etna. A notre arrivée au refuge de la
Torre del Filosofo nous constatons
qu’ont été installés de grands panneaux interdisant l'accès au dessus de
la limite des 2900 mètres. Le temps ce matin est ensoleillé, mais les prévisions
météorologiques annoncent une aggravation dans le début de l'après midi.
Nous décidons de visiter le Sudestino et
la fracture Nord du cratère Sud Est. A notre
arrivée au sommet du Sudestino nous sommes
surpris par la température élevée du sol. A trois endroits dans les laves
il y a des trous d'environ 30 centimètres d'où s'échappent des gaz qui au
contact de l’air entrent en combustion. La chaleur au voisinage des bouches interdit toute approche sans vêtements de protection. Nous nous rendons
ensuite sur la fracture Nord du cratère Sud Est
en passant par le flanc oriental.
Arrivés sur la fracture, à l'endroit où au mois de décembre 2000
s’épanchait la coulée on découvre une zone fumerollisée avec des dépôts
de soufre. La coulée se trouve maintenant un peu plus bas vers le nord à
la hauteur de 3095 mètres.
Cela fait
maintenant presque cinq mois consécutifs que la coulée avance en direction
de la Valle del Leone. Lors de
notre visite sa vitesse était de l’ordre de 2 mètres à la seconde ( 2m/sec).
A la sortie de la bouche effusive la largeur du chenal est d'environ 1 mètre,
le magma descend rapidement et après quelques mètres le chenal s’élargit (sa largeur
est d'environ 3 mètres). La longueur de la coulée est de 800 mètres.
En début d'après midi les nuages recouvrent totalement les cratères sommitaux
et nous décidons de rentrer vers le refuge.
Les observations ci-dessus ont été faites
par Charles Rivière, Patrick Barois et son fils Pierre.
Mise à jour du
20
avril 2001.
Ci dessous le
texte complet reçu par messagerie,
des observations faites par Claude Grandpey.
Je rentre de Sicile. Voici quelques infos
sur l'Etna. Il y a eu du mauvais temps (surtout un vent très fort) sur
le massif pendant toute la semaine qui vient de s'écouler. Je suis monté
au sommet le mardi 17 et le jeudi 19 Avril, sans pouvoir accéder aux cratères
à cause des nuages, mais surtout du vent qui m'aurait fait envoler!
Les 2 fois, je suis allé voir la coulée
sur le versant NE du cône SE. Au départ de la Torre, je suis passé par
la droite du cône SE où il fallait faire très attention (surtout jeudi)
aux chutes de pierres, parfois très grosses, qui étaient arrachées au
versant par les tourbillons de vent. Ce même vent rendait la progression
vraiment limite sur les 200 premiers mètres après la Torre.
Avant d'accéder à la coulée actuelle,
il faut traverser celle de 99, ce qui est une belle partie de plaisir.
Lors de mes 2 visites, la lave sortait (en une seule branche, et non plus
2 comme B. Behncke l'indiquait dans son site) d'un tumulus en se dirigeant
vers le nord à l'endroit où la pente est la plus forte, puis en infléchissant
son cours vers l'est quand la pente devient moins forte. Elle s'écoulait
ensuite en un canal d'une dizaine de mètres de large, avant de former
un champ en éventail plus en aval. Il était bien sûr impossible de traverser
ce canal, mais j'ai eu l'impression qu'au-delà, la lave était encore bien
chaude, ce qui expliquerait la présence de la deuxième branche vue par
Behncke. J'ai essayé de grimper plus en amont vers la source, mais c'était
vraiment trop risqué, tant à cause de la chaleur que des chutes de pierres
détachées par le vent.
Le 17, j'ai fait un crochet
par le Sudestino. Les fumerolles qui se trouvent dans le secteur Est ne
sont pas très chaudes (entre 50 et 70°C); par contre, au sommet du Sudestino,
ça monte vite à 500 ou 600°C et il y a un point d'incandescence à la base
d'un des blocs qui couronnent le sommet. Ce n'est pas un scoop car cette
incandescence se voyait à la jumelle depuis Acireale il y a quelques mois,
mais ça montre que le cône SE reste bien actif. Tant que la lave continuera
à sortir, il y aura une soupape de sécurité, mais le jour où la coulée
va s'arrêter, il y a fort à parier que la fracture va reprendre du service.
Cette hypothèse est renforcée par le fait que la sismicité reste élevée
au niveau de la Cisternazza et vers le cratère NE, donc sur la ligne de
faiblesse actuelle du volcan.
Bien amicalement.
Claude Grandpey
Mise à jour du
05
avril 2001.
L'activité
des cratères sommitaux est beaucoup plus calme depuis quelques jours.
Antonio Nicoloso (Responsable
des Guides de l'Etna), joint par téléphone
me confirme qu'il y a toujours la coulée de lave sur la fracture
Nord du cratère Sud Est.
Une bonne nouvelle pour les touristes qui se rendent
nombreux sur l'Etna : la préfecture de Catane a levée l'interdiction de
dépasser l'altitude de 2700 mètres, survenue Il y a presque un an, après
l'éruption du 26 avril 2000. Les guides peuvent désormais accompagner les
touristes jusqu'au refuge de la Torre del Filosofo.