|
Mise à jour du 28 Août
2002:
Voici des images faites par
Marco Neri de l'Istituto
Nazionale di Geofisica e Vulcanologia,
des cratères sommitaux et de l'intérieur des
cratères Nord Est et Sud Est avec la caméra thermique
lors d'un survol en hélicoptère
le 22 août 2002. Le rapport complet des observations de Marco Neri sur le
site http://www.ct.ingv.it

Les fumeroles qui partent des fissures
de la base du cratère Sud Est (à droite) jusqu'au sommet.
|

Photo du cratère Sud Est provenant de
la caméra thermique, les températures sont comprises entre 90° et 100°.
|

Photo de l'intérieur du cratère Nord Est
provenant de la caméra thermique, les températures sont de 220°.
|

Vue des cratères sommitaux avec les émissions
de gaz et de cendres brunes.
|
| |
|
Mise à jour du 27 Août
2002:
Voici les dernières informations fournies
par les guides de l'Etna ce soir sur l'activité des cratères sommitaux.
Les émissions de cendres brunes sur le
cratère Nord Est se poursuivent et une forte condensation se produit depuis
les bouches de la Bocca Nuova.
|

La condensation et
les gaz au sommet du cratère Nord Est.
|
Mise à jour du 19 Août
2002:
Nous partons avec Fred
Chevaillot au sommet du cratère Nord Est, pendant l'ascension nous voyons
des émissions de gaz bleutés et de la condensation sortir du cratère. Le
bloc de lave solidifié est toujours présent dans sa position instable sur
la paroi fissurée. En arrivant au bord nous pouvons entendre un important
dégazage se produire et tentons d'apercevoir le fond de la bouche mais sans
succès. A 9h54 (heure locale) nous ressentons une secousse sismique sur
le bord et moins d'une minute après une forte température est ressentie,
par le niveau de magma qui semble t'il vient de remonter dans le fond du
cratère, car maintenant toujours sans apercevoir l'intérieur, le dégazage
du magma est beaucoup plus fort et plus proche de nous. Nous patientons
encore un peu en espérant une dissipation des gaz et nous nous dirigeons
finalement vers la Bocca Nuova qui émet des explosions perceptibles depuis
notre position.
En passant dans la Voragine,
nous descendons à l'intérieur pour observer les deux bouches et faire des
mesures GPS de leurs positions. Lorsqu'il se produit des explosions à la
Bocca Nuova, nous notons une augmentation des panaches de gaz, la bouche
située la plus proche de la Bocca Nuova émet encore un peu de cendres brunes.
A la Bocca Nuova, la bouche
Ouest est le siège d'une activité explosive avec des projections de blocs
qui retombent à l'intérieur du cratère ainsi que des cendres brunes. Le
rythme des explosions sont irrégulières, elles se produisent entre une et
trois minutes suivies par un dégazage d'une dizaine de secondes. La bouche
Est, va produire pendant notre présence deux explosions assez fortes mais
les émissions de cendres de la bouche Ouest poussées par le vent nous empêchent
d'approcher celle-ci.
Sur le flanc du cratère
Sud Est, les fumeroles sont toujours visibles.
Mise à jour du 18 août
2002:
Aujourd'hui la situation
de l'activité sur les cratères sommitaux est la suivante.
NORD EST:
Une reprise importante d'émissions de cendres se produit, c'est sous une
pluie de cendres que j'arrive au bord. L'intérieur de cette bouche n'est
pas visible mais le bruit caractéristique du magma au contact de l'air est
bien perceptible, aucune explosions ne se font entendre. Les bords de la
paroi coté Sud et Ouest s'écroulent à l'intérieur et provoquent d'importants
panaches de cendres brunes. Un des bords, du coté Nord Ouest ou nous faisions
nos observations journalières est fissuré sur une dizaine de mètres sur
le sol et d'une vingtaine de mètres vers l'intérieur du cratère, ce bloc
de lave solidifié de plusieurs tonnes est prêt à tomber.
|

|
VORAGINE:
Les émissions de gaz sur la bouche coté Nord sont plus importantes, et la
nouveauté aujourd'hui et la présence d'émissions de cendres brunes sur la
bouche se situant coté Sud Ouest (la plus proche de la Bocca Nuova).
BOCCA NUOVA:
Activité explosive sur les bouches Ouest et Est.
A la bouche Ouest des dégazages
se produisent avec des grondements d'une dizaine de secondes en profondeur
(évaluée à plus de 150 mètres), il va se produire quelques détonations mais
sans projection de matériel. La présence de gaz de SO2 est importante.
A la bouche est des détonations
très fortes surviennent après chaque dégazages de la bouche Ouest, d'abord
nous apercevons des gaz bleutés montés et la déflagration survient, nous
ressentons même le souffle de l'explosion et voyons des blocs de magma frais
qui sont projetés verticalement au dessus de nos têtes et qui retombent
à l'intérieur du cratère. Il nous est impossible d'apercevoir le fond, car
la paroi à nos pieds n'est pas verticale, je pense que le niveau de magma
se situe à environ 100 mètres.
SUD EST:
Sur les flancs du cratère (coté Sud) plusieurs fumeroles sont visibles ainsi
que sur la partie sommitale du coté Ouest.
|

|
Une observation intéressante
faite depuis le sommet du cratère Nord Est, qui permet une bonne visibilité
sur les autres cratères et la formation de nombreuses plaques de sublimé
de soufre sur toute les parois du cratère Central de l'Ouest à l'Est et
ceci depuis deux jours. Observations faites par Charles Rivière
et Fred Chevaillot.
Mise à jour du 17 août
2002:
Ce matin depuis Nicolosi
j'aperçois d'important panaches de condensation au dessus du cratère Nord
Est, les émissions de cendres brunes émises encore hier soir à la tombée
de la nuit ne sont plus visible. Je me dirige vers le Nord Est en
arrivant au bord, je perçois seulement un dégazage au fond de la bouche,
la forte condensation et les gaz de SO2 empêchent toute visibilité à l'intérieur.
Mise à jour du 16 août
2002:
Ce matin le cratère Nord
Est émet d'important panaches de cendres brunes en continus, je me trouve
au bord de la Valle del Bove. Vers 11h15 (heure locale) je reçois un appel
de Marco Neri qui se trouve à l'I.N.G.V à Catania et observe aussi
les émissions de cendres depuis les images retransmissent par la webcam
de Milo, je lui confirme qu'elles proviennent effectivement du cratère Nord
Est. Dix minutes plus tard je rappel Marco pour l'informer que les
émissions de cendres ont cessés et que des explosions sont ressenties, elles
se produisent dans un premier temps toute les 5 secondes, puis le rythme
va passer à 1 minute et de nouveau des projections de cendres brunes remplacent
les explosions.
Mise à jour du 15 août
2002:
Aujourd'hui je monte en
direction du cratère Nord Est qui émet toujours des émissions de SO2 très
dense.
A la Bocca Nuova un nouveau
changement est intervenu puisque maintenant la bouche Est, émet des explosions
en profondeur et des projections de cendres brunes de la bouche Ouest.
Mise à jour du 14 août
2002:
Nous partons depuis Nicolosi
avec Marco Neri de l'Istituto Nazionale di Geofisica e Vulcanologia
et Anna Nagay (Université de Stettino, Pologne) vers les cratères,
nous décidons ne nous partager le travail, Marco m'accompagne par la piste
du coté Ouest et me laisse un thermocouple pour effectuer des mesures de
températures sur les fissures observées hier et relevés des points GPS à
l'emplacement des fissures qui partent du bord est de la Bocca Nuova vers
la base du cratère Sud Est, coté Nord Ouest. Je dois retrouver ensuite Marco
au pied du Sudestino, il inspecte le coté Sud et Sud Est. L'activité des
cratères sommitaux est identique aux observations faites hier, le seul changement
est dans la bouche Ouest de la Bocca Nuova ou les grondements de dégazage
en profondeur sont plus nombreux.

La fissure entre la Voragine et à droite
sur l'image la bouche Est de la Bocca Nuova.
|

La fissure au pied du cratère Est du
coté Nord.
|
Le thermocouple va tomber
en panne après la deuxième mesures, je termine le tour des cratères en effectuant
les points GPS. En arrivant au pied du cratère Sud Est, coté Nord Ouest,
j'aperçois quatre fissures dont la plus profonde mesure plus de trois mètres,
elle dégage une forte chaleur avec plusieurs fumeroles. Déjà hier, Marco
Neri m'avait informé qu'il avait aperçu d'hélicoptère une trace dans
cette zone.
Je retrouve Marco sur le
Sudestino, ce cône qui n'est plus actif depuis le mois d'avril 2000, dégage
une température élevée sur toute sa surface. En résumé, il se trouve une
ligne de fracture sur toute la partie Est des cratères sommitaux. Nous rentrons
dans l'après-midi vers Nicolosi.
Mise à jour du 13 août
2002:
Ce matin les conditions
météorologiques sont meilleures, le vent sur les sommets est encore fort.
Je monte directement vers le cratère Nord Est, les émissions de SO2 sont
importantes et les gaz bleutés empêchent une bonne observation, par moment
l'intérieur de la bouche est visible quelques secondes me permettant d'apercevoir
un trou au fond, ce qui indique que le niveau de magma est redescendu. Aucun
bruit de dégazage et d'explosion ne se font entendre.
Je prend la direction de
la Bocca Nuova et rencontre Marco Neri de l'Istituto Nazionale di Geofisica
e Vulcanologia et Anna Nagay (Université de Stettino, Pologne) venus
faire des relèvements des fissures. Je remonte avec lui au sommet du Nord
Est pour lui indiquer la position de la nouvelle fissure apparue sur le
bord Ouest du cratère Nord Est lors de l'activité explosive de fin juillet
et du début août et partons ensuite vers les fissures déjà observées sur
le bord est du cratère Central (sur la page du mois de mai 2002) elles sont
maintenant aux nombres de cinq situées parallèlement dans la direction du
cratère Sud Est. Une autre fissure se trouve entre la Voragine et la Bocca
Nuova, celle ci entre ensuite à l'intérieur de la bouche Est de la Bocca
Nuova.
Lors de notre présence
au bord de la Bocca Nuova nous observons des émissions de gaz dans la bouche
Est et un grondement de dégazage en profondeur dans la bouche Ouest avec
aussi des émissions de gaz.
Mise à jour du 11 août
2002:
Lors de ma visite le 9
août sur le cratère Nord Est les émissions de SO2 ainsi qu'une très forte
condensation empêchent une bonne visibilité à l'intérieur de la bouche.
A la Bocca Nuova, les projections
de cendres brunes ont cessé et sont remplacées par des émissions de gaz.
Depuis le 9 août les mauvaises conditions météorologiques (vent fort et
nuages) ne me permettent pas d'accéder aux cratères.
Mise à jour du 08 août
2002:
Aujourd'hui le vent d'Ouest
est encore fort sur les sommets, je me dirige vers le cratère Nord Est,
en arrivant au bord je constate que les panaches de gaz bleutés de SO2 sont
toujours présents et très denses. La visibilité à l'intérieur de la bouche
est impossible, aucun bruit d'activité se fait entendre.
La température élevée enregistrée
sur le bord du cratère le 6 août, est beaucoup moins forte à cause du vent.
Il va falloir maintenant attendre des meilleures conditions atmosphériques
avec moins de vent pour pouvoir observer l'intérieur.
Sur la Bocca Nuova, les
émissions de cendres brunes se poursuivent sur les deux bouches, le vent
est tellement fort que les panaches de cendres qui sont émis des bouches
partent horizontalement.
Sur le cratère Sud Est,
la fumerole sur la fracture coté Sud, n'est plus visible, par contre, toujours
sur celle-ci à la base du cratère elle s'est élargie.
Mise à jour du 07 août
2002:
L'accès au sommets est
rendu impossible aujourd'hui à cause du vent très violent.
Mise à jour du 06 août
2002:
Hier en fin d'après-midi
vers 17h00 (heure locale) des fortes explosions sont ressenties sur le cratère
Nord Est, ceci est confirmé par une équipe des Corpo Forestale se
trouvant sur le versant Nord et par les guides de l'Etna Nord qui vont observés
pendant deux heures des projections au dessus du cratère. Les détonations
très bruyantes sont ressenties aussi sur le versant Sud.
Ce matin je me dirige en
direction du cratère Nord Est en passant par le cratère Central, entre la
Voragine et le Nord Est, le sol est recouvert de blocs de vieux matériels
et quelques projections de magma frais. En arrivant vers le sommet les bombes
sont plus nombreuses et la taille de certaines est de plus de 70 cm et elles
pèsent plus de 30 Kg. Les bombes sont visibles sur tout le contour du cratère.
A l'intérieur du cratère
des gaz bleutés très denses sortent en tourbillonnant, l'air est irrespirable
sans masque, la visibilité est impossible. Sur le bord je ressent une température
très élevée qui m'oblige à reculer, sûrement que le niveau de magma est
maintenant remonté et qu'il est peu être plus important que lors de nos
observations de fin juillet.
Lors de ma présence deux
explosions assez fortes vont se produire, projetant des bombes en dehors
de la bouche, je prélève rapidement des échantillons et je me dirige ensuite
en direction de la Bocca Nuova qui émet des panaches de cendres brunes sur
les deux bouches, mais sans bruit d'explosions.
Sur le cratère Sud Est,
une fumerole est visible sur la fracture coté Sud à mi-pente et sur les
lèvres du bord Ouest.
Mise à jour du 04 août
2002:
Ce matin je monte directement
vers le cratère Nord Est qui émet de nouveau des dégazages, il semble que
le magma remonte peu à peu dans le fond du cratère.
L'activité de la Bocca
Nuova est identique aux observations faites hier.
A l'intérieur de la Voragine,
les émissions de SO2 sont plus dense ce matin.
Mise à jour du 03 août
2002:
Aujourd'hui nous partons
avec Luca Ferlito, le Commandant du groupe des Corpo Forestale de Nicolosi
en direction des cratères sommitaux, en arrivant au bord du cratère Nord
Est, la visibilité est bonne. Suite à l'abaissement du niveau de magma,
le plancher s'est écroulé laissant la place à un trou béant.
A la Bocca Nuova, les émissions
de cendres brunes se poursuivent à la bouche Ouest, sur la bouche Est, trois
explosions en profondeur vont se produire lors de notre présence.
Mise à jour du 02 août
2002:
Ce matin en arrivant à
2700 mètres des détonations provenant du cratère de la Bocca Nuova sont
parfaitement audible, pendant l'ascension vers ce cratère d'autres explosions
vont se produire entre 10h30 et 11h30 (heure locale). Elles proviennent
de la bouche Est, à chaque explosion un volumineux panache de cendre brunes
s'élèvent au dessus de la bouche Ouest. Sur le bord de la bouche Est aucun
matériel n'est visible, cependant lors de ma présence j'aperçois des blocs
montés verticalement au centre du cratère et ils retombent à l'intérieur.
Je prend ensuite la direction
du cratère Nord Est qui émet d'important panaches de gaz bleutés de SO2
très dense, en arrivant vers le bord, j'aperçois sur le sol de nombreuses
projections et blocs de vieux matériaux, le maximum de dépôt de bombes atteignant
10 à 20 cm et même certaines de la taille de mon sac à dos, se situe dans
une bande d'une centaine de mètres de largeur coté Sud et Est, aucun bruit
d'activité se fait entendre à l'intérieur.
|

Mon sac à dos, proche
d'un bloc de magma solidifié.
|
A l'intérieur du cratère,
le fond est recouvert de blocs et à l'emplacement des bouches observées
le 26 juillet, il y a un trou profond. Des gaz s'échappent sur toute la
surface du plancher.
On peut envisager cette
hypothèse: Le magma refroidissant en surface, "un bouchon" s'est formé et
avec les infiltration d'eau des fortes pluies de ces derniers jours, une
explosion phreatomagmatique est survenue projetant sur les bords du cratère
le magma solidifié.
Mise à jour du 01 août
2002:
|

La condensation émise
par le cratère Nord Est.
|
Visite ce matin du cratère
Nord Est, qui émet des panaches de SO2 ainsi que de la condensation suite
aux nouvelles chutes de pluie qui se sont produites hier après-midi. Nous
n'entendons pas de bruit d'explosion au fond du cratère et la visibilité
étant impossible à l'intérieur de celui-ci, nous ne resterons pas longtemps.
Le cratère de la Bocca
Nuova, émet par intermittence des émissions de cendres brunes. Observations
faites par Charles Rivière et Hervé Charles.
Mise à jour du 31 juillet
2002:
Ce matin les conditions
atmosphériques sont meilleures, je me dirige directement vers le cratère
Nord Est, en passant près de la Voragine la présence de condensation émise
à l'intérieur de la bouche est importante, elle le sera encore plus en arrivant
au bord du cratère Nord Est. Il m'est impossible d'apercevoir l'intérieur
du cratère, je perçois des bruits de dégazage au fond mais sans explosion.
Je me dirige ensuite vers
la Bocca Nuova qui émet depuis les bouches Est et Ouest des panaches de
cendres brunes, ici aussi la condensation est forte.
Mise à jour du 30 juillet
2002:
Depuis le 26 juillet, l'accès
au sommet est rendu impossible par les mauvaises conditions météorologiques,
orages, grêle et pluie se succèdent. Les nuages recouvrent totalement les
cratères sommitaux.
Mise à jour du 26 juillet
2002:
Nous montons ce matin en
direction du cratère Nord Est, en arrivant sur le bord du cratère nous constatons
un niveau de magma identique à celui observé deux jours plus tôt. Le changement
se situe au niveau des bouches avec "un soufflard" qui entre en dégazage
irrégulièrement entre trente secondes et trois minutes avec un bruit très
fort identique à un avion de chasse au décollage, il est légèrement surélevé
et autour se trouve deux bouches évasées en forme d'entonnoir. L'une
d'elles se trouve à moitié sous la paroi, lors des explosions de cette bouche,
les gaz et les projections "attaquent" la paroi en soulevant un important
panache de cendres brunes. Lors de notre présence, nous allons ressentir
deux secousses sismique et des changements vont se produire puisque des
bouches apparaissent sur le plancher et disparaissent suite aux nombreuses
explosions, ainsi que le "soufflard" qui va s'agrandir et se remplir de
lave pour être projetée lors des explosions à une hauteur de vingt mètres
environ, ses projections n'atteignent pas le bord du cratère.
|

|
Les nuages arrivent rapidement
de l'Ouest est nous obligent à quitter notre position, en redescendant nous
entendons des explosions bruyantes provenant de la Bocca Nuova mais sans
pouvoir donner plus de précision sur la bouche ou elles se sont produites.
Nous rencontrerons sur
la piste qui contourne les cratères une équipe de l'I.N.G.V qui viens faire
des prélèvements de gaz et des mesures avec la caméra thermique. Nous leurs
signalons les secousses ressenties dans la matinée et après une demande
d'information au centre de Catania, celles ci n'ont pas été enregistrées
par les appareils de mesures sismique.
En arrivant à 2700 mètres
un violent orage survient accompagné de grêle et qui recouvre d'un manteau
blanc les sommets de l'Etna. La grêle et la pluie provoquent une condensation
sur l'ensemble des nouveaux cônes et cratères qui se sont crées pendant
l'éruption de juillet 2001, ainsi que sur les coulées de lave jusqu'en direction
de Nicolosi.
Observations faites par
Charles Rivière, Peggy Maugain, Yvette et Alain De Chambrier.
Mise à jour du 24 juillet
2002:
|

|
Nous partons de Nicolosi
à 18h00 vers le cratère Nord Est, avec Angelo, Domenico et Nicola de
l'équipe des Guardia di Finanza de Nicolosi, Hervé Charles, Peggy Maugain
et moi même. En arrivant sur le bord du cratère nous constatons une
hausse du niveau de magma et que le cône n'existe plus, il a fait place
à six nouvelles bouches, dont trois fonctionnent comme "un chalumeau" libérant
des gaz qui s'enflamment au contact de l'air.
Par moment après une forte
accumulation de gaz, les six bouches entrent en activité explosive, les
projections restent confinées à l'intérieur du cratère. Nous attendrons
jusqu'à la tombée de la nuit et nous rentrons ensuite vers Nicolosi.
 |
 |
Mise à jour du 23 juillet
2002:
Nous nous dirigeons aujourd'hui
principalement vers le cratère Nord Est "poussés" par un vent violent de
plus de 100 Km/h nous l'atteignons difficilement. Nos observations se font
avec la plus grande prudence à cause de l'activité des derniers jours. Des
émissions de cendres brunes sont émises par le cratère, je m'approche pour
tenter d'apercevoir l'intérieur du cratère, je constate que le cône est
toujours présent sans activité explosive. Nous partons ensuite en
direction de la Bocca Nuova ou l'activité est identique à celle d'hier.
Observations faites par
Charles rivière, Peggy Maugain, Hervé Charles et Roland Dougoud.
Mise à jour du 22 juillet
2002:
Ce matin nous décidons
de nous rendre directement vers le cratère Nord Est. Lors de notre ascension
nous n'apercevons que les émissions de gaz bleuâtres. Aucun bruit ne se
fait entendre, nous nous positionnons sur le coté Nord Est du cratère, de
ce fait nous avons le vent dans le dos. Nos premières observations nous
indique que la bouche se situe toujours à 80 mètres de profondeur environ,
par contre le diamètre de la bouche s'est agrandie.
Lors de notre présence
l'activité va aller en s'intensifiant, elle est irrégulière. Certaines de
ses explosions vont jusqu'à projeter des bombes de 10 à 15 cm sur les bords
du cratères et notre position ne sera pas épargnée. L'une d'entre elles,
va provoquer un changement d'aspect de la bouche: la formation d'un cône
d'une dizaine de mètres. A partir de cet instant l'activité redouble de
puissance, nous obligeant à nous replier. Les bombes de 10 à 15 cm sont
maintenant des blocs de magma de 40 à 50 cm.
|

Au premier plan, Claude
Grandpey le président de LAVE au bord du cratère, évitant les projections
|
En redescendant sur la
piste qui contourne les cratère, nous pouvons apercevoir les blocs au dessus
du cratère Nord Est qui retombent à mi-pente de celui-ci. Les détonations
se font également entendre, ce qui n'était pas le cas ce matin.
En ce qui concerne la Bocca
Nuova: Fort dégazage de la bouche Est et forte émissions de cendres brunes
de la bouche Ouest.
L'activité du moment se
situant principalement au Nord Est, nous suivrons avec beaucoup d'intérêts
son évolution dans les prochains jours.
Observations faites par
Charles Rivière, Peggy Maugain, Hervé Charles et Claude Grandpey.
Mise à jour du 21 juillet
2002:
Ce matin le temps est splendide
avec encore un vent d'Ouest mais beaucoup moins fort. Comme pour la journée
de vendredi 19 juillet, les explosions sont audibles et visibles au bord
du cratère Nord Est.
|

L'intérieur du cratère
Nord Est, avec les émissions de gaz dans le fond.
|
En deux jours, un grand
changement est intervenu, puisque le 19 juillet, la visibilité était bonne
mais je n'apercevais pas le fond du cratère, contrairement à ce matin. Le
fond se situe à environ 80 mètres de profondeur, nous pouvons apercevoir
ainsi, la bouche explosive. Ce qui démontre que le niveau de magma est monté
rapidement dans le fond du cratère. Toute les deux minutes, une bulle de
gaz se produit en surface suivie d'une explosion projetant bombes et lambeaux
de magma frais à l'intérieur du cratère.
 |
 |
Après un laps de temps
et une accumulation importante de gaz, l'explosion suivante est beaucoup
plus intense, les blocs arrivent sur le bord du cratère, ce qui me permet
de récupérer un échantillon de magma frais. Nous resterons toute la matinée
près de la bouche, un changement survient alors, la bouche explosive va
se transformer en "un chalumeau" projetant une colonne de feu sur une hauteur
de 30 mètres, pendant plus d'une minute dans un grand vacarme. Vers 13h00
(heure locale) l'activité va en diminuant, les explosions sont beaucoup
moins fortes et plus espacées.
 |
 |
Nous décidons de nous diriger
vers la Bocca Nuova et rencontrons Claude Grandpey, celui ci se situant
au pied du Nord Est, dans le cratère Central, nous l'informons de l'activité
du Nord Est, il est surpris de la nouvelle, car de sa position aucun bruit
des explosions n'étaient audibles.
L'activité sur les deux
bouches Est et Ouest de la Bocca Nuova est essentiellement des émissions
de cendres brunes.
Observations faites par
Charles Rivière et Peggy Maugain.
Mise à jour du 20 juillet
2002:
Nous montons ce matin en
direction du cratère Nord Est en passant au bord de la Voragine. Le vent
d'Ouest est encore fort sur les sommets.
Une nouvelle fois nous
allons trouver une situation complètement inversée sur l'activité sommitale
par rapport aux observations faites hier, en effet nous constatons que la
vue dégagée à l'intérieur du cratère Nord Est et les explosions sont remplacées
aujourd'hui par des projections de cendres brunes.
A la Bocca Nuova, la bouche
Est, est le siège d'une activité explosive très profonde. De l'intérieur
de la bouche, des gaz s'échappent et nous entendons par moment un fort dégazage
sans projections de matériels, ce qui entraîne une réaction sur la bouche
Ouest, avec des émissions importantes de cendres brunes.
Observations faites par
Charles Rivière et Claude Grandpey.
Mise à jour du 19 juillet
2002:
Aujourd'hui, je retrouve
les cratères sommitaux, le soleil est bien présent et un vent d'Ouest assez
fort souffle sur les sommets. Depuis ma dernière visite du 22 juin 2002,
l'activité a sensiblement évolué, surtout sur le cratère Nord Est.
Nous montons en début de
matinée vers le cratère de la Voragine avec Yvette et Alain De Chambrier
(Société de Volcanologie de Genève) et un couple d'amis, le dégazage
des deux bouches de la Voragine est moins intense à l'intérieur du cratère
par rapport aux observations faites le mois dernier.
Je part ensuite seul en
direction du cratère Nord Est, en arrivant sur le bord, j'ai la surprise
d'entendre et de voir des explosions se produirent à l'intérieur, les explosions
n'étaient pas audibles 50 mètres avant d'arriver sur le bord à cause du
vent violent qui atténué le bruit des explosions. L'intérieur du cratère
Nord Est est parfaitement visible, j'aperçois au fond du cratère une paroi
moins inclinée recouverte de cendres.
|

|
Toujours dans le fond,
dans la partie centrale de la bouche, toute les deux minutes environ un
panache de gaz bleuté s'élève, suivi aussitôt d'une explosion projetant
des lambeaux de magma sur les bords du cratère accompagnés par un grondement
de dégazage d'une durée de 10 à 30 secondes. Par moment une explosion un
peu plus forte se produit avec des projections de matériels plus important,
des petites bombes montent verticalement et retombent au fond, les lambeaux
de magma qui sont projetés sur les bords retombent aussi vers le fond par
le fait de la forte inclinaison des parois.
Je me dirige ensuite vers
la Bocca Nuova, les deux bouches émettent silencieusement des projections
de cendres, elles sont importantes surtout sur la bouche Ouest. La visibilité
à l'intérieur n'est pas possible par une présence trop grande de gaz et
de cendres.
|